Ashtai

Ashtai

Description :

Inspirée de Bhairav, dans son Ashtai, cette œuvre cherche à traduire dans la matière la profondeur et la force intérieure propres à ce rāga. Elle ne représente pas une scène précise : elle tente plutôt de faire émerger une sensation, comme une présence qui apparaît progressivement derrière les couches de matière.

Les tonalités sombres, traversées de touches de rouge, d’ocre, de jaune et de rose, créent un espace à la fois dense et lumineux. Les traces de fusain, les passages de craie, les transparences de l’huile et les superpositions d’acrylique donnent à la surface une dimension presque tactile. Certaines formes semblent se révéler, puis disparaître, comme des fragments de perception pris entre ombre et lumière.

L’Ashtai devient ici un point de départ pour une exploration intérieure. Comme dans l’écoute du rāga, le sens ne se dévoile pas immédiatement. Il se construit dans le temps, dans les répétitions, les silences, les tensions et les infimes variations.

La contemplation de cette œuvre invite ainsi à ralentir le regard et à accepter une perception moins immédiate. On peut observer ce qui apparaît dans la matière, mais aussi ce qui reste volontairement indéterminé. Entre les lignes, les couleurs et les effacements, un espace intérieur peut progressivement s’ouvrir.

Bhairav Ashtai propose ainsi une rencontre entre peinture et musique : une œuvre à regarder comme on écouterait une phrase musicale, en laissant chaque trace, chaque silence et chaque vibration trouver sa place.

Conseil de contemplation :

Cette œuvre est accompagnée d’une bande sonore immersive associée, construite autour d’une ambiance inspirée du Rāga Bhairav et d’une improvisation au sarod.

Pour cette expérience, il est conseillé d’écouter la bande sonore avec la peinture devant soi. Le son n’a pas pour fonction d’expliquer l’œuvre, mais de créer un espace d’écoute qui permet au regard d’entrer plus profondément dans la matière.

La contemplation peut durer quelques minutes ou davantage. Il n’y a aucune manière correcte de la pratiquer.

1. S’installer | 1 à 2 min

Installez-vous confortablement face à la peinture.

Prenez quelques respirations lentes. Relâchez progressivement les épaules, le visage et la mâchoire.

Avant de regarder attentivement l’œuvre, fermez les yeux quelques instants et écoutez les premières secondes de la bande sonore.

Laissez le son installer un espace autour de vous.

Ne cherchez rien.

2. Rencontrer l’œuvre | 2 min

Ouvrez doucement les yeux.

Regardez la peinture dans son ensemble, sans chercher immédiatement à comprendre ce qu’elle représente.

Observez les masses sombres, les lignes verticales, les traces de fusain, les passages de craie et les éclats de couleur.

Laissez votre regard se déplacer librement.

Qu’est-ce qui apparaît lorsque vous ne cherchez pas à interpréter ?

3. Entrer dans la matière | 3 min

Choisissez une zone de la peinture qui attire spontanément votre attention.

Regardez ses superpositions, ses griffures, ses effacements et ses transparences.

L’acrylique, l’huile, le fusain et la craie se rencontrent et se recouvrent. Certaines traces semblent anciennes, d’autres semblent surgir à la surface.

Suivez ces traces comme vous suivriez une phrase musicale.

Ne cherchez pas leur origine.

Observez simplement leur présence.

4. Traverser l’ombre et la lumière | 3 min

Portez maintenant votre attention vers les zones les plus sombres de l’œuvre.

Restez-y quelques instants.

Puis laissez progressivement votre regard rejoindre les touches d’ocre, de jaune, de rouge et de rose.

Observez comment la lumière semble apparaître à l’intérieur même de la matière sombre.

Vous pouvez accompagner ce mouvement par votre respiration :

inspirer accueillir la lumière
expirer laisser partir la tension

Répétez quelques fois, naturellement.

5. Écouter Bhairav | 3 à 5 min

Laissez maintenant la bande sonore prendre davantage de place.

Écoutez particulièrement les mouvements du sarod.

Une note apparaît, se prolonge, vibre puis disparaît.

Essayez de ne pas anticiper la suivante.

Regardez simultanément la peinture et écoutez la musique, sans chercher à faire correspondre une note avec une couleur ou une forme.

Le son et la matière peuvent simplement coexister.

Peu à peu, laissez votre regard devenir moins analytique et votre écoute plus ouverte.

La peinture peut alors être ressentie comme un paysage sonore silencieux.

6. Observer ce qui se révèle | 2 à 3 min

Fermez les yeux.

Gardez simplement une impression de la peinture : une couleur, une ligne, une texture, une lumière.

Observez ce qui reste lorsque l’image n’est plus devant vos yeux.

Peut-être une sensation apparaît-elle.

Peut-être une émotion.

Peut-être rien de particulier.

Il n’est pas nécessaire de chercher une réponse.

Laissez simplement l’expérience se déposer.

7. Revenir à l’œuvre | 1 à 2 min

Ouvrez à nouveau les yeux.

Regardez la peinture comme si vous la découvriez pour la première fois.

Remarquez si votre perception a changé.

Une couleur auparavant invisible peut maintenant attirer votre attention. Une zone sombre peut sembler différente. Une ligne peut prendre une autre importance.

Ce changement ne vient pas nécessairement de l’œuvre.

Il peut simplement venir de la manière dont vous la regardez.

Pour prolonger la contemplation

La bande sonore associée peut être écoutée plusieurs fois avec la peinture.

Lors d’une première écoute, laissez simplement le son et l’image vous envelopper.

Lors d’une seconde écoute, portez davantage attention au mouvement du sarod.

Une autre fois, concentrez-vous uniquement sur les matières et les traces de la peinture.

L’expérience peut ainsi évoluer sans que l’œuvre ait besoin de changer.

Il n’y a rien à comprendre immédiatement.

Comme dans l’écoute d’un rāga, la profondeur peut apparaître progressivement, à travers la répétition, le silence et l’attention.

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