Description :
Ce tableau révèle l’expérience de la frontière de l’ignorance : une ligne de fracture entre le domaine obscur de la matière et l’éclat voilé d’un ciel spirituel. En bas, la terre ocre, lourde et marquée de signes chaotiques, incarne la conscience ordinaire : prisonnière de ses automatismes, de ses forces inconscientes, elle trace des figures inachevées, des mouvements fragmentaires, comme autant de tentatives de signification. La grande faille noire qui serpente au cœur de cet espace est l’image de la séparation, de la fracture intérieure où se perd la mémoire de l’origine.
Au-dessus, un champ rose, jaune et lumineux se déploie, traversé d’éclats rouges et solaires. C’est l’annonce d’un autre plan, plus subtil, où l’énergie se libère en vibrations fines et ascendantes. Mais cette lumière demeure voilée par une ligne sombre, épaisse, qui se tient comme une barrière : seuil infranchissable de l’ignorance, résistance de la conscience à se laisser pénétrer par l’Esprit.
Pourtant, déjà, des fissures apparaissent. La lumière supérieure effleure la matière, et dans la terre obscure surgissent des éclats blancs, des signes mystérieux comme des runes, des pressentiments d’une vérité encore cachée. C’est la promesse de la transmutation : l’ignorance n’est pas une fin, mais une étape.
Ainsi, ce tableau ne fige pas une opposition entre haut et bas, mais révèle l’espace du passage : la frontière elle-même comme lieu de tension créatrice. En contemplant cette œuvre, on perçoit que le noir n’est pas un mur absolu, mais un seuil. Derrière lui, la lumière insiste, patiente, prête à se révéler. L’ignorance n’est pas éternelle : elle est la porte voilée d’une conscience encore plus vaste, que l’âme doit apprendre à franchir.
Acrylique sur toile.
Taille : 60 x 80

