Lîlâ

Lîlâ

Description

Cette œuvre est une immersion dans le jeu vibrant de l’existence, là où la matière se fait énergie, et l’énergie, vibration pure. Le rouge profond, ancré dans la force tellurique du chakra Mūlādhāra, n’est pas seulement racine : il devient l’ouverture d’une scène, le rideau flamboyant d’un théâtre intérieur où se joue la mémoire incarnée.

Ce rouge n’est jamais uniforme. Strié, griffé, traversé de veines noires, vertes et blanches, il révèle les multiples couches du jeu cosmique. Chaque cicatrice chromatique n’est pas seulement une blessure, mais une trace de la danse infinie : le passage d’une mémoire, l’écho d’un récit karmique, une voix ancienne se dissolvant dans le présent.

Les formes semi-figuratives évoquent un torse, un ventre, un cœur battant : autant de masques de la grande pièce universelle. Le tableau ne reflète pas un visage mais les coulisses du corps subtil, où les lignes rouges et noires deviennent des nāḍī-s, les fils du jeu divin, et où les zones blanches ouvrent des portes sur le vide créateur, espace d’où surgissent toutes les formes.

Le geste pictural, brut et instinctif, est traversé d’une lucidité qui rappelle la liberté ludique de Līlā. Rien n’y est figé : la souffrance se métamorphose en offrande, la confusion en éclat de jeu divin, la chair en vibration sacrée. Ici, le sérieux du drame se dissout dans le sourire de l’univers qui joue à se manifester.

Ainsi, le tableau devient une carte du théâtre cosmique : un yantra de la chair et du souffle, un labyrinthe intérieur où chaque trace picturale est à la fois une épreuve et une danse. Loin d’être un chemin linéaire, il est une invitation à reconnaître que tout ombre, lumière, désir, douleur, joie participe à la grande danse de Līlā, où le divin joue à se cacher et à se révéler dans l’expérience humaine.

Acrylique sur toile.

Taille : 60 x 80

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